Le rythme [spécial débutants]

Un petit article pour vous donner les grandes lignes de ce qu’il y a a savoir sur le rythme : différentes définitions, les figures rythmiques de base et des morceaux d’exemple. On va tenter de rendre tout ça accessible tout en gardant la pêche !

Introduction :

On va tenter de vous donner des notions de base sur le sujet en essayant de prendre la musique sous un plan de plus en plus rapproché, et nous allons prendre trois morceaux d’exemple :

« Boom Boom » : John Lee Hooker

« Back in Black » : AC/DC

« Petite musique de nuit » : Mozart

(les liens youtube sont dans les notes en fin d’article).

Des morceaux que je n’ai pas choisi au hasard : ils sont tous assez simples sur le plan rythmique : pas de clave ou de syncopes de malade, juste un bon gros rock’n’roll pour vous rendre accessible cette notion essentielle en musique (et ne vous privez pas d’écouter tout en lisant l’article). J’ai inclus une pièce classique dans le corpus car je pense qu’il est vital de vous montrer le rythme sous au moins 2 angles, et tant qu’à faire, des angles totalement différents, en provenance de morceaux connus et qui nous permettent une vision d’ensemble cohérente et facile à lire.

Définissons quelques termes :

Sur Boom boom, on a un musicien seul, qui joue de la guitare et tape avec ses pieds. Sur Back in black, on a un groupe entier qui inteprète un morceau. Et sur la Petite musique de nuit, on a un orchestre classique qui interprète cet intemporel classique.

On peut distinguer plusieurs choses : John Lee Hooker nous gratifie d’un blues en béton, puissant et efficace, AC/DC nous donne la patate avec un rock énergique et sauvage mais le morceau le plus rapide reste la petite musique de nuit, légère et sautillante (et qui me donne la pêche nécessaire pour écrire cet article).

Plusieurs choses ressortent de ce constat :

L’énergie d’un morceau n’a rien a voir avec sa rapidité d’exécution ou son style musical.

Au final, le morceau le plus rapide était la petite musique de nuit.

Mais surtout : un morceau plus rapide aura un tempo rapide et un morceau lent aura un tempo lent … Et donc on peut se dire que le tempo définira la vitesse d’exécution du morceau.

On peut remarquer des détails intéressants sur Boom boom et Back in black : sur Boom boom, John tape avec ses pieds d’une manière régulière. Et sur Back in black, le guitariste commence le morceau en grattant les cordes tout en les étouffant 8x d’affilée pendant que le batteur joue la même chose sur son charley.

Ces deux exemples illustrent très bien une manière de matérialiser le tempo, et cette matérialisation du tempo sous forme de pulsation, qui va donner naissance à des « temps » va nous permettre de construire le rythme, et à nos amis australiens de jouer leur morceau tous à la même vitesse et en commençant au même moment (ce qui est mieux pour nos oreilles). Le batteur joue aussi tout le long du morceau et elle continue d’alimenter tout le groupe en informations rythmiques, tout en apportant encore plus de puissance et de groove au morceau.

Mais cette notion n’est pas absente du Mozart que j’ai choisi, au contraire, bien qu’elle ne soie pas matérialisée, elle est très facile à entendre, surtout dans le thème, et permet à tout un orchestre de jouer un morceau sans qu’il y aie une seule note qui ne soie pas « en rythme » : abus de langage, mais tellement plus rapide que « en dehors de la pulsation définie à l’avance et indiquée par le chef d’orchestre ». La pulsation est matérialisée par la gestuelle du chef d’orchestre, dont l’utilité, l’importance sont indiscutables : comment faire pour qu’une centaine de musiciens, même s’ils sont experts, puissent jouer tous ensemble, en sachant que l’orchestre est tellement grand que le son met du temps à voyager d’un côté à l’autre de la salle ? Et comment faire pour que l’orchestre entier puisse donner le meilleur de son talent au service de l’émotion d’un morceau ? Il faut coordonner tout ça, et c’est donc à cela que sert (principalement) un chef d’orchestre.

Nous avons maintenant, je pense, fait à peu près le tour de ce que l’on nomme la pulsation, sa définition et son rôle dans la musique : la pulsation est la matérialisation du tempo.

On peut encore trouver d’autres choses dans Back in black et dans Boom Boom : on entend les guitares jouer le même « riff » (la même petite mélodie entraînante) plusieurs fois d’affilée. C’est ce que l’on appelle un « riff » … souvent appuyé par la basse et la batterie, cette mélodie simple et répétée donne des informations harmoniques et rythmiques à l’auditeur. Ou plutôt de lui faire hocher la tête comme je le fais en ce moment sur Back in black.

On entend également « oh boom boom boom » , « yes i’m back, yes i’m back in black » (et tout le passage qui précède) et bien entendu, le thème plus que connu de la petite musique de nuit se répéter dans nos morceaux. C’est ce que l’on nomme un refrain ou encore un thème. Je ne m’étendrai pas sur le sujet car il tourne plus autour de la structure d’une musique que son rythme.

Ouf ! Deux notions de plus : Riff et thème.

Allons étudier de plus près la notion de Riff : on remarque que la batterie joue un motif qui a exactement la même longueur que le riff de Back in Black. Et cela laisse sous-entendre qu’en réalité, on n’empile pas des temps au hasard et à l’infini, mais qu’on les place par petits groupes. Ce qui nous permet de définir la notion de mesure:

Une mesure est un groupe de temps de la même longueur qui permet d’organiser le rythme.

Une mesure est pratique, car elle nous permet de nous dire « d’accord, on joue ce riff sur 4 mesures, ensuite on fait le refrain sur 4 mesures » et nous permet de dire « ce thème fait 4 mesures » et donc de structurer l’ensemble de la chanson.

Voilà.

Et pour terminer, le rythme, c’est finalement:  disposer les notes autour des temps d’une mesure.

Et pour ce faire, on a recours à des figures rythmiques telles que les croches, les triolets, les double-croches …

Figures rythmiques :

voici une petite illustration des différentes figures rythmiques de base :

Rythme

On a : la ronde, qui dure 4 temps, la blanche qui dure 2 temps, la noire qui dure 1 temps, la croche qui fait la moitié d’un temps, la double croche qui fait 1/4 d’un temps et le triolet qui divise un temps par trois. On peut voir au début de la partition une clé de sol (pour l’instant on ne va pas y penser) et un 4 au dessus d’un autre 4 : c’est la « signature rythmique » ou « armure » et c’est elle qui dit que nous avons 4 temps dans la mesure (pour l’instant, ignorons le 4 du dessous). Par exemple on pourrait avoir une mesure à 3/4 ou à 5/4 , et donc 3 ou 5 temps dans la mesure. Les traits verticaux représentent la séparation entre deux mesures.

Revenons à nos figures rythmiques sous la forme d’un petit exemple :

En orange, on a la pulsation. Elle n’est pas représentée de façon très régulière sur la partition parce que c’est très difficile de faire une partition présentable avec les logiciels que j’ai à ma disposition. Mais gardez en tête que chaque point orange est séparé par la même durée.

Astuce : pour travailler ce petit exercice, il suffit de suivre le tic-tac d’une pendule, ou un métronome (c’est mieux ! investissez ou téléchargez une application sur votre téléphone) en tapant du doigt sur une table (par exemple) tout en disant :

« Noire, deux-croches, tri-o-let, noire, qua-tre-dou-ble, deux-croches, croche-deux-doubles, noire, blan, che, noire, noire »

Chaque virgule représente un temps de la pulsation (en espérant que ça soie relativement clair). Il vous suffit de vérifier que votre pulsation est régulière.

Et comme cela, je ne serai plus le seul à me laver le cerveau avec ce genre d’exercices !

Bien entendu, maintenant qu’on a parlé de répartir des notes, on peut remarquer que les instruments ne produisent pas du son en continu, et donc nous avons aussi toute une gamme de silences :  Rythme3

Nous avons la pause, qui dure 4 temps, la 1/2 pause qui dure temps, le soupir qui dure 1 temps, le demi-soupir qui dure 1/2 temps, le 1/4 de soupir qui dure 1/4 de temps et ces silences peuvent aussi être « triolet-isées » !

Pour terminer, voici un petit exemple ou je mélange toutes les figures rythmiques (que tout le monde appelle « rythmes » dans la vraie vie) dont j’ai parlé :

Encore une fois, les points orange représentent la pulsation et sont répartis de façon égale dans le temps. Si vous êtes débutant, je ne vous conseille pas de vous frotter aux rythmes présentés en double-croches et triolets, qui sont ardus (c’est juste pour montrer que ça existe et à quoi ça ressemble).

Et voilà, je pense avoir dit tout ce que je voulais dire sur le rythme.

Pour l’instant je vous donne quelques pistes d’inspiration :

1) Essayez de battre la pulsation des musiques que vous écoutez

2) Essayez de repérer le rythme exécuté par la batterie et essayez de voir comment ce dernier se place par rapport à la pulsation.

3) A partir de là, écoutez l’interaction entre le rythme joué par la batterie, et celui joué par la guitare, et comment le chant se « place » là dessus.

Normalement un tel « pavé » me prend deux ou trois cours à expliquer (cours pendant lesquels on ne fait pas QUE du rythme, sinon bonjour la migraine) et l’objectif de cet article est de vous présenter une synthèse.Il est parfaitement normal que vous ne puissiez pas assimiler tout d’un seul coup, ma propre relecture m’ayant déjà pris une vingtaine de minutes, plus l’écriture de l’article … bref, cet article est fait pour être lu en 2/3 fois.

Voilà, n’hésitez pas à me poser des questions, a bientôt et bonne musique !

David

 

Au fait, voici des liens pour écouter les trois morceaux dont je vous ai parlé :

Boom Boom : https://www.youtube.com/watch?v=rOyj4ciJk34

Back in black : https://www.youtube.com/watch?v=pAgnJDJN4VA

La petite musique de nuit : https://www.youtube.com/watch?v=tWTJcUj1n98

Cet article n’est pas exhaustif, pour cela il faudrait écrire un livre. Pour un aperçu plus vaste du sujet il existe l’ouvrage

RYTHMES : Le rythme dans son essence et dans ses applications

de Daniel Goyone qui saura répondre à toutes vos attentes,

ainsi que le danhauser ou encore la méthode

de batterie de Dante Agostini.

 

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