Epicez votre pentatonique !

Le but de cet article est de vous proposer quelques petites astuces pour ajouter du « sel » à vos solos en penta’ et leur donner une couleur immédiatement plus jazzy.

Et sans plus attendre … prenons la gamme de LA pentatonique mineure comme exemple. voici un schéma :

Pentatonique mineure de base

Une manière de jouer cette penta’ pour l’instant plus qu’habituelle. Mémorisez bien les notes de cette gamme pour pouvoir suivre la suite, il est essentiel qu’elle puissent vous servir de « point d’appui » (et d’atterrissage) lors de vos improvisations… je veux vous apprendre à épicer la pentatonique mineure, pas vous faire jouer n’importe quoi ! Comme la pentatonique mineure est une gamme mineure (par définition) on peut aller l’enrichir un petit peu en empruntant des notes aux mode dorien (en jaune : seconde majeure, en bleu, sixte majeure) :

penta dorienne

Je pense que « rien » qu’avec ce petit diagramme, vous pouvez déjà vous rendre compte que ça peut être assez sympa à faire.

Ou bien au mode mixolydien, car cette gamme se superpose après tout à un accord 7, qui sous-entend déjà ce mode. Il ne manque que la tierce ! Le détail cool du jour : c’est la même chose que le schéma précédent (c’est pour ça que le Dorien sonne impeccable), mais avec les notes rouges en plus (jaune : 2nde majeure, rouge : 3ce majeure, bleu : 6te majeure).

Pentatonique mixolydiennisée

Si vous avez joué ces notes, vous avez pu voir à quel point c’est joli !

Pour terminer, jouons un peu les jazzeux et incorporons la 4te augmentée du lydien (en vert clair) dans notre « super-gamme » (c’est aussi la 5b de la pentatonique « blues ». On reste dans des choses qui tiennent la route) :

Pentatonique mixolydiennisée avec 4te lydienne

On On peut même envisager, si l’on se sent très, très jazzy, d’incorporer une 7eme majeure issue du Ionien ou du Lydien (en rose).

Pentatonique mixolydiennisée avec 4te lydienne 7eme ionienne

Il est possible d’aller plus loin encore, et de rajouter la 2nde et la 6te (toutes les deux mineures) du phrygien ou du locrien (là ou il reste encore une petite place pour une note en plus), mais je pense qu’on est déjà « pas mal » et je vous laisse avec ces diagrammes.

Alors comment utiliser, concrètement, ce concept, et les notes qui en découlent ?

  • Il faut tout d’abord penser à une chose : la pentatonique que j’ai choisie pour mon exemple reste notre point de départ, et c’est autour d’elle que l’on construit. Il faut donc toujours penser à cela, et insister sur les notes de cette gamme.
  • Une deuxième chose : il est plutôt idéal d’utiliser ces notes « jazzy » avec une certaine retenue et comme notes de passage. Le but, c’est qu’elles restent une surprise, et une couleur agréable à rajouter à une pentatonique mineure sans trop « bousiller » l’harmonie (un peu comme .. des épices dans un plat ! ). Une règle hyper simple (et efficace) est de toujours mettre une note de la « vraie » gamme juste après un enrichissement. De cette manière, vous restez dans la gamme.
  • Le rythme est super important. Plus on va s’amuser à enrichir son jeu avec des notes un peu « colorées », et plus il va falloir les sortir parfaitement propres, et en rythme.
  • Ces deux éléments (savoir rebondir et atterrir sur les notes de la gamme et jouer en rythme) permettent aux musiciens et spectateurs autour de vous de se dire « relax, c’est du jazz ». Si par contre vous négligez cela, vous risquez de « perdre » les oreilles autour de vous.
  • BB King dans l’introduction de « Lucille » se montre très joueur avec sa pentatonique. Il utilise des bends pour aller vers la tierce majeure à chaque fois ! C’est une super approche, car elle colle très près aux notes de la gamme et sait rester très subtile.
  • Pourquoi ces enrichissements fonctionnent-ils ? Tout simplement parce que la penta’ mineure est souvent elle-même superposée à des accords majeurs 7, qui eux-même sous-entendent une gamme majeure. Mais cela reste une penta’ mineure, et elle ne demande qu’à être enrichie avec des notes provenant d’autres modes mineurs. (explication courte).
  • Je n’ai montré qu’une seule position d’une seule gamme : à vous d’enrichir tout ça! Et d’aller voir ce que ça donne si j’enrichis mon ionien avec la 4te du lydien dans un II V I, par exemple … ou d’aller voir comment on peut faire la même chose avec une pentatonique majeure. Ou n’hésitez pas à venir me demander des cours 😉

Conclusion

Voilà, j’espère avoir su vous présenter un concept très intéressant pour enrichir vos improvisations de façon simple … une paire de guitaristes de fusion et de jazz utilisent très couramment ce concept. Vous faites maintenant partie du club 😉 N’hésitez pas à essayer d’enrichir vos licks et vos mélodies avec ces « jazz notes », et à les sortir du contexte purement jazzy : les guitaristes de rockab’, de funk, de rock, de country et même de metal ne s’en privent pas !

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